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  • : La peña la muleta a été créée par un groupe d'amis passionnés par le monde taurin. Aujourd'hui, elle regroupe tous les afficionados de SAINT PERDON qui partagent cette même passion. Par ce blog, nous souhaitons partager avec vous notre passion et vous faire connaître toutes les évènements que nous organisons.
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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:00

    Après notre escapade en territoire gersois de la veille, retour dans nos belles Landes pour passer la journée chez nos amis mugronnais.

    Petite déjeuner, il parait que certains n’ont pas eu d’omelette, ce qui leur a permis  de dire qu’ils avaient du tuer les poules trop tôt !!!

   Au menu ce matin (pas du déjeuner) une novillada non piquée avec trois érales de la ganaderia de Malabat, tous en pointe, mobile, pouvant donner du jeu à qui saurai faire.

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     C’est hélas un peu de métier qu’il a manqué à nos deux piètons,

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                                                                                            même si Luis David Adame, conseillé par son frère Joselito depuis le callejon, a fait preuve de plus de maitrise.

   C’est donc tout naturellement Luis David Adame qui c’est vu offrir le combat du troisième. Il est noter qu'après avoir fait un quite "al alimon"Adame a eu l'élégance de brinder la mort de son deuxième éral a son compagnon de cartel. 

     Matinée très intéressante, vite, à l'apéro... Pendant ce temps vous pouvez voir les images ici: 2014.04.21-Mugron--la-matinale 2014.04.21-Mugron--la-matinale

 

Patrick S.


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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 06:00

 

       Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’images du matin (ça m’a fait un peu moins de travail) que l’on ne peut pas en parler un peu.

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       En matinée donc une novillada non piquée avec du bétail de Paul et Jérome Bonnet. Les deux premiers bons, le troisième manso con casta et le quatrième, copie conforme du second.

     En face, Aguado, bien avec le premier (vuelta) El adoureño bien au second, mais manquant cruellement de métier, normal quand on débute (Saluts), et Andy Younes très puesto devant le troisième qui n’a eu de cesse que de le chercher. Il finira d’ailleurs par le prendre à l’estocade portée avec engagement, lui infligeant une cornada à la cuisse. Sa cuadrilla promènera l’oreille en piste et malheureusement cette blessure le privera du  quatrième. Ce quatrième a donc été combattu par Pablo Aguado qui a du s’employer avec  ce dangereux éral (avis).

    

     L’après midi, devant une arène remplie au ¾ voir un peu plus, nous était proposé une corrida de Valdefresno,

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                                          bien présentés, 11 rencontres avec la cavalerie sans s’employer plus que ça pour la plus part, ils ont manqué un peu de piquant allant tous a menos assez rapidement.

      La terna était composée de :

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        David Mora                 Thomas Dufau              Juan Del alamo

       Salut, Oreille            2 Oreilles, Oreille      Avis et Vueta, Vuelta

 

     Que dire, si ce n’est que Thomas Dufau a débuté sa temporada en fanfare faisant preuve de calme, de temple avec au bout de chacune de ses faenas deux coups de rapière " à couper le taureau en deux ".

     Juan Del Alamo a été grand. Ce garçon nous a démontré dimanche son envie  de toréer, beaucoup de dominio y compris sur son dernier qui était le plus compliqué de la course. Hélas, ses mises à mort l’on privé de quelques trophées.

     David Mora nous a fait du David Mora, ceux que certains ont appelé faenas artistiques,  je les qualifierai d'ennuyeuses. Un critique a même écrit « David Mora a une tauromachie tellement ennuyeuse qu’il doit s’ennuyer lui même »

     A la sortie, Thomas à hombros et tonnerre d’applaudissement pour Juan Del alamo.

     En conclusion, une bonne journée de plus passée dans la bonne humeur

     AIGNAN, à l’année prochaine avec qui sait la résurrection de « la peña camping car ».

 

     Les images: 2014.04.20-Aignan--la-corrida 2014.04.20-Aignan--la-corrida

 

Patrick S.

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 06:00

     La journée ne commençait pas sous les meilleurs  hospices.

     D’une part, pour des raisons d’intempéries, pas d’image de la novillada du matin. Une non piquée faut avouer avec un intérêt que l’on pourrait qualifiée de……..D’aucuns ce sont même laissés à dire que cette année ce n’était pas " Chapeau Bonnet " !

    D’autre part, chose beaucoup plus importante, "la peña Camping car "qui venait pour la circonstance d'adopter un petit jeune saint séverin (enfin, jeune, pas tant que ça), et dont la vie se résume à sa sortie annuelle le dimanche de Pâques à Aignan, était, cette année, orpheline. De qui me direz-vous ? Tout bêtement de son camping car. Que c’est-il passé? J’ai cru comprendre qu’il y aurait pu avoir un problème opératoire, une greffe de pompe à eau de soméca qui n’aurait pas pris sur notre malade, mais attention, je n’ai peut être pas bien tout compris ou peut être aussi que l’on ne nous dit pas tout !

    Enfin, quoiqu’il en soit, vous vous doutez bien qu’il en faut un peu plus pour nous abattre, et pour le traditionnel pique nique  pascal, nous avons donc dressé un campement de fortune, squattant, très temporairement, le préau du collège avec voitures,  bâches (pour la terrasse couverte), tables et chaises, ce qui nous a tout de même permis de festoyer allègrement.

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   Faudra t-il que l’on se rebaptise " peña Jitanos & co " ? Même si c’était assez ressemblant, je pense qu’il serait de bon ton d’attendre l’an prochain. La période pascale n'est elle pas propice aux résurrections ?????

 

Pour les curieux, quelques images ici: 2014.04.20-Aignan--le-matin 2014.04.20-Aignan--le-matin

 

Patrick S

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 06:00

      Garlin, post-repas.

      L’après midi a été intéressant grâce a un lot de Pedraza de Yeltes,

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                                                                                                  bien présentés, avec des comportements variés (comme le matin), des bons deuxièmes et sixième au très encasté cinquième. Ceci a participé au maintient de l’intérêt et de l’émotion en piste. Braves au premier tiers (16 piques), ils ont quasiment tous poussé avec bravoure sous le fer des piqueros et l’après-midi n’a pas été de tout repos pour la cavalerie de Phillipe Heyral, comme quoi, quand il y a de la bravoure dans le ruedo le débat sur la cavalerie devient vite obsolète…

      Le combat de ces novillos était confié à :

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           Jose Garrido                       Filiberto                    Guillermo Sanchez

   Silence après avis, salut          Salut, 2 oreilles                 Vuelta, 1 oreille

      Je ne ferai pas de commentaires sur les novilleros d’autres l’on déjà fait et sûrement mieux que je ne pourrai le faire. A noter simplement que, comme beaucoup de monde, je suis un peu resté sur ma faim avec la prestation du chef de lidia et agréablement surpris par l’entrega du second face à son deuxième novillo qui était loin d’être évident, mais aussi par l’actuacion du dernier piéton issu de la qualification matinale.

      Journée agréablement ensoleillée, très intéressante et soutenue, organisation sans faille (comme toujours). Une petite suggestion aux organisateurs, éloigner le lieu du repas des arènes, que nous ayons le temps de digérer ces excellentes garbures.

      En conclusion : excellent cru que celui de 2014.

      Les images, ici: 2014.04.13-Garlin-Novillada 2014.04.13-Garlin-Novillada 

 

Patrick S.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 15:59

      La journée garlinoise commençait (comme l’an passé) par une fiesta campera opposant deux novilleros. A l’issue du spectacle, le public était appelé à voté pour le novillero de son choix et, le gagnant complète le cartel de l’après-midi.

      C’est donc devant deux exemplaires de Pedraza de Yeltes,

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                                                                                         que le colombien Guillermo Valencia et Alejandro Marcos étaient invités à se mesurer.

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      Face à deux novillos de grand respect et de comportement différent, le premier alliant bravoure (3 piques poussées prises avec allégria) et noblesse, honoré d’une vuelta al ruedo et le second plus compliqué (deux piques sans trop s’investir) restant un peu court, les deux novilleros n’ont pas démérité.

      Difficile fut la décision  compte tenu de la différence de leur novillos. Vox populi vox deï c’est donc Guillermo Valencia qui complétera la terna de l’après-midi.

      Alejandro Marcos, à mes yeux, mérite d’être revu et suivi au cours de cette temporada.

      La suite de la journée sera pour un peu plus tard, i est maintenant tant d'aller se restaurer et "d'aller faire la fête" aux garbures...

 

     La galerie, ici: 2014.04.13-Garlin-fiesta-campera 2014.04.13-Garlin-fiesta-campera

 

Patrick S.

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 10:33

 

       Vendredi  dernier à 19h30, la Peña avait invité ses partenaires.

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   C’est avec un plaisir constant que renouvelons chaque année cette rencontre qui nous permet de passer un moment privilégié fait de partage et de convivialité avec ces personnes qui sont si importantes pour nous.

   Cette année, pour des raisons de calendrier et d’emploi du temps, nous n’avons pas pu mettre en œuvre la conférence que nous souhaitions, nous nous sommes donc résolus à organiser une soirée plus confidentielle animée de main de maître par notre groupe local PASSION SEVILLANES.024

    Après le discours de bienvenue de notre Président, les remerciements de rigueur à nos partenaires leur rappelant une fois de plus la place importante qu’ils ont dans l’organisation de notre journée taurine, il a levé (un peu) le voile sur ce que devrait être le déroulé de notre journée du 31 août 2014, juste de quoi leur mettre l’eau à la bouche.

     La soirée c’est poursuivie autour de quelques boissons et quelques tapas tout en admirant nos danseurs andalous qui se sont donnés à fond pour animer cette soirée sympathique.

     Un grand merci à tous nos partenaires ainsi qu’à PASSION SEVILLANE.

     L'album en cliquant ici: 2014.04.04-soiree-partenaires 2014.04.04-soiree-partenaires

 

Patrick S

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 08:00

 

     Les dimanches se suivent et,....se ressemblent.

     La journée avait pourtant bien commencé avec l'école taurine Adour Aficion, toujours autant d'envie de ces jeunes. Poursuivie (la journée) par un excellent repas chez Gaby ,roi de la garbure, au café des sports. Si vous passez par là, n'hésitez surtout pas, ça vaut le détour. A l'heure de la digestion c'est un peu plus compliquée à gérer et la couche d'ozone est mal menée...mais bon!

     A la sortie du repas, pour se rendre aux arènes, obligation de traverser la bande de "tracassins" (pour être correct) qui s'étaient amassée aux accès des arènes.

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                                            Et courageux les types !!!

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     A l'entrée fouille, les abords des arènes bien gardés, enfin!, tout est mis en oeuvre pour notre sécurité, mais à quel prix, et le coté festif dans l'histoire en prend un sacré coup.

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     Le plus important dans l'histoire est bien sûr le programme que nous avait réservé le club taurin d'Arzacq. Un lot de novillos de Pablo Hermosa de Mendoza qui faisait sa présentation en France,

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                              deux pour le rejoneador Roberto ARMENDARIZ

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Silence et 2 oreilles

puis, quatre pour les novilleros  à pied

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    Joaquim Galdos                Andy Younes            Luis David Adame

          Silence                              Silence après avis               Silence après avis

                                                         Silence

     Andy Younes déclaré vainqueur du premier "Bayonne de cristal" à toréé le quatrième. Au final, encore une très bonne journée passée autour de notre aficion et dans la convivialité.

     Comme d'hab, toutes mes images ici: 2014.02-23-Arzacq 2014.02-23-Arzacq

 

Patrick S.



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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 08:00

     C'est finalement par un beau dimanche de février que la longue trève hivernale a cessé. Il faut avouer que les toros commençaient à nous manquer.

     Après la réunion de l'ACONCSO prévue pour la remise des calendiers nous avons parlé  des prochaines organisations et des moyens à mettre en oeuvre pour les sécuriser. Dommage que la mobilisation des organisateurs n'ai pas été plus importante. On peut se demander si...

     La matinée taurine a commencé par les jeunes de l'école taurine Adour Aficion qui, une fois de plus nous on régalé.

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     La journée c'est poursuivie par le traditionnel repas pris dans les arènes (un grand bravo à l'organisation pour le travail fourni) puis café et plus si affinité autour de la bodéga.

     Les antis nous avaient promis les foudres en ce jour d'ouverture. Ils étaient là (une petite centaine), mais bien moins nombreux que les aficionados et même moins nombreux que les forces de gendarmerie !!!

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     Sécurité maximum avec accès réservé à l'espace des arènes et fouille de tout le monde lors de l'entrée. La novillada a commencé avec trois quart d'heure de retard, mais je crois que c'était le prix à payer pour la sécurité de tous.

     La question qui se pose est de savoir si celà va durer toute la temporada. Il est quand même dommageable que ce soit les participants à un évènement légal qui subissent les effets néfastes de quelques personnes qui elles sont dans l'illègalité.

     Dimanche, tout c'est bien passé, il ne reste plus qu'a souhaiter que ce soit partout pareil.

     Un grand coup de chapeau aux organisateurs qui n'ont pas dû avoir une journée des plus facile à gérer.

 

     L'après-midi, au menu, six novillos du Camino de Santiago fer de Jean Louis DARRE, trois bien faits et trois plus forts (les trois derniers) au comportement divers, meilleurs les 1, 2 et 5. Pour les combattre:

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      Louis Husson                  Andres Roca Rey            Gines Marin

 Silence et Ovation           2 oreilles et 1 oreille      Silence et Ovation

     Il est à noter que Gines Marin a été "le plus mal servi" au sorteo.

     En conclusion, nous avons passé une bonne journée de toros, pas forcement aussi festive que nous l'aurions souhaité, mais, dans l'adversité présente nous ne pouvons que féliciter de nouveau les organisateurs qui on rendu cette journée possible.

 

     Pour les images, c'est ici: 2014.02.16-Magescq-NSP 2014.02.16-Magescq-NSP

 

Patrick S.




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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 08:00

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Le mensonge de l’alternative

 

Passé seize ans, n’importe qui peur recevoir l’alternative pourvu qu’il ait toréé un minimum de cinquante novilladas. Compte tenu de ce qu’il existe des accommodements avec le ciel, mais pas sur l’âge minimum.

L’alternative, ça signifie quoi ? Simplement, légalement que le titulaire est autorisé à combattre en public des toros de quatre ans et plus, seul ou en alternance avec des confrères également pourvus du titre de " matador de toros ". Et rien d’autre.

Par conséquent, prétendre que le récipiendaire est élevé à la dignité de " docteur en tauromachie " n’est qu’une immense ânerie abondamment colportée oralement ou par écrit par des étourdis ou des " répète-jacquot ". Des gens qui oublient qu’il n’est pas de Doctorat sans Thèse préalable, laquelle exige jusqu’à des années de travail incessant et approfondi. On ne saurait considérer les novilladas toréées comme thèse puisqu’elles ne sont qu’un apprentissage.

Docteurs en tauromachie, je vais en citer cinq pour ne pas remonter à l’ancien temps ni vexer personne d’aujourd’hui. Ce sont Luis Miguel Dominguin, Antonio Bienvenida,  Antonio Ordoñez, Paco Camino et El Viti. J’en oublie, volontairement. Leur thèse est venue non avant, mais après l’alternative. Elle consiste dans le fait d’avoir figuré dans les cartels des grandes ferias pendant plus de dix ans sans que jamais leur compétence professionnelle soit mise en doute. Le voilà, le test irréfutable. Toutes les autres voies conduisent au monton.

Ce qui me confirme dans mon idée que l’alternative n’est tout au plus qu’un Certificat d’Aptitude Professionnelle. Oui, le bon vieux CAP. Et encore ! Si l’on faisait le décompte des alternatives frustrées et des amères déceptions on aboutirait à un total effrayant. Tous ces fracasados : que sont-ils devenus ? Difficile de parler de doctorat dans ces conditions.

Maintenant, revenons au point de départ :

…para el torero, veinticinco.

Puisque l’âge moyen de l’alternative se situe entre dix-huit et vingt ans, un matador ne peut aspirer à faire carrière que s’il continue de figurer dans les cartels durant cinq à dix ans. Cinq ans étant un minimum. L’âge de vingt-cinq ans, celui de la mort tragique du grand Joselito, symbolise l’homme accompli, ou encore l’âge à partir duquel le torero réunit en sa personne le maximum de potentialités : vigueur physique, intelligence, expérience, sang froid. C’est ce que signifie le proverbe. Raison pour laquelle, en effet, on n’en finira jamais avec cette rengaine !

 

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Défaitisme ?

 

Les critiques qui précèdent sont-elles la manifestation de ce que l’écrivain anglais P.D.James appelle " le cynisme grincheux des vieillards " ? D’un trop vieil aficionado atrabilaire et désabusé ? Signifieraient-elles enfin que la Fiesta Brava s’achemine vers sa propre parodie qui la menacerait de disparition en tant qu’épreuve de vérité ?

Que je sache, rien de tout ceci n’est exact. Non seulement je ne suis pas défaitiste mais je sens encore l’Aficion grandir en moi comme un végétal qui enfonce dans le sol des racines nouvelles et envoie vers le ciel des rameaux verdoyants.

Si j’ai mis en relief un certain nombre de mensonges, ou de ce qui s’y apparente, qui s’étalent sous nos yeux au point qu’on cesse parfois d’y prêter attention, c’est afin d’inciter les aficionados à ne point se laisser leurrer ; à maintenir intactes leur clairvoyance et leur vigilance afin que ne soit pas dénaturée cette tragédie multiforme qui fait l’objet de notre passion.

A côté des errements visibles au grand jour il en est d’autres en coulisse, je ne l’ignore point, mais dont je ne saurais parler car je ne fréquente pas le mundillo. Le bilan ci-dessus est déjà suffisamment éloquent ; inutile d’en rajouter.

Des réformes, des redressements sont possibles, sans aucun doute. Les uns viendront d’eux-mêmes car les modes changent ; d’autres seront suscités par l’action verbale ou écrite de l’Aficion. Exemple : siffler vigoureusement un matador au moment où il brinde son toro au public pour le motif que son picador avait au préalable massacré l’animal, voilà qui donnerait à réfléchir et ferait tache d’huile. Même chose pour la pétition d’oreille. On conçoit que dans des situations semblables l’attitude et l’action des membres des sociétés taurines seraient déterminantes.

Inversement, toute démonstration de sincérité et de vérité mérite d’être encouragée, applaudie et même, s’il y a lieu, acclamée. Rien ne va jamais tout à fait comme on le souhaiterait dans une corrida : les temps forts alternent parfois avec les erreurs ou les défaillances, incidents compréhensibles lorsque des vies humaines entrent en jeu. Raison de plus pour soutenir l’effort pour la vérité.

Ainsi, il n’y a pas de mensonges aux banderilles parce que c’est une épreuve de vérité. A partir du moment où un homme seul affronte un toro bien vivant et bien mobile toute idée de fraude disparait d’elle-même. Et lorsque la maladresse et la panique rendent le tercio pitoyable ne voit-on pas combien évidente devient cette vérité ?

Il n’y a pas de mensonge lorsqu’un torero charge la suerte. Du fait même qu’il avance ainsi dans le terrain du toro il assume en toute lucidité un surcroît de risque, parce qu’il sait que de cette forme de provocation dépend la domination à laquelle il aspire.

Il n’y a pas de mensonge dans l’exécution de l’estocade, étant entendu que le bajonazo et le golletazo ne sont pas des estocades mais des coups défendus. S’agissant d’une mise à mort correcte ou acceptable il n’y a plus de place pour le mensonge, même si elle résulte plus ou moins atravesada, résultat d’un cuarteo un peu trop prononcé et pas forcement volontaire. Que le matador ait franchi la corne ou qu’il soit resté sur la face l’engagement physique est réel et le regard fixé sur le point d’impact ignore le trajet de la corne droite.

Ne serait-ce que pour ces motifs la pérennité de notre aficion est justifiée.

 

El Tio Pepe

 

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 08:00

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Vérité et mensonge du brindis

 

Le brindis est l’hommage que le matador fait du toro qu’il va tuer à une personne un groupe de personnes ou au public. Le Règlement oblige le matador à brinder la mort de son premier toro en premier ou unique lieu au Président de la corrida parce que cette personnalité représente (en Espagne) ou est censée représenter l’Autorité, ou même la Loi, avant la corrida au long des formalités préliminaires, pendant la corrida et après elle jusqu’à ce que les acteurs le public et toutes les personnes concernées aient évacué le cirque.

Hormis cette formalité, le brindis est facultatif. Rien n’oblige un matador à offrir à qui que ce soit la mort de son second toro ; rien, non plus ne l’oblige à ôter sa montera pendant le troisième tercio. Antoñete et Luis Fransisco Espla l’on bien montré récemment.

Par conséquent, il va de soit que le brindis  implique une obligation morale, faute de quoi il ne signifie rien. Il s’agit, il me semble, d’un acte solennel, parfois émouvant, destiné à honorer la ou les personnes jugées dignes de le recevoir. L’offrande est matérialisée par le geste du matador remettant sa coiffure entre les mains de la personne distinguée, ou bien la déposant sur le sol au centre de l’arène.

Quelle obligation morale ? Evidemment celle de déployer toutes les ressources du courage, du savoir-faire, de l’art que l’on porte en soi pour tenter de réduire, de dominer, d’estoquer conformément aux règles du code de l’honneur le toro ici présent. Quitte à engager sa propre vie pour prix du triomphe espéré.

Cela arrive. Et même assez souvent. Je rappellerai pour exemple le très beau brindis d’Ortega Cano aux péones de toutes les cuadrillas présentes le 31 mai 1988 à Madrid. Le brindis fut salué avec émotion par les toreros et par le public, mais tel quel, il n’était qu’un prélude. Le plus difficile, maintenant, restait à faire. Promesse tenue : la faena a été très belle et l’estocade magnifique. Voilà une oreille bien gagnée. Nous gardons tous en mémoire des minutes aussi vibrantes : de tels moments sont inoubliables.

Evidemment, tout dépend du toro. Jusqu’à ce qu’il soit dominé, vaincu, c’est lui qui reste maître de la situation. A moins qu’il n’ait étalé au cours des deux premiers tercios des qualités de bravoure et de noblesse telles que le brindis s’imposait comme allant de soi. Tel ne fut pas le cas le 25 mai 1988 à Madrid lorsque le sympathique Emilio Oliva crut de son devoir de brinder à la mère du roi ce mulet notoire qu’était le sixième toro de Benitez Cubero. Mission impossible. Cela finit sous les sifflets parce que cela ne pouvait pas finir autrement. Le type même de l’erreur d’appréciation.

Mais la naïveté, en soi, n’est pas risible. Par contre, ce qui est irritant c’est la constatation que les jeunes coletudos actuels ne paraissent pas avoir compris la portée et le symbolisme du brindis. On brinde au public à tous propos et hors de propos, et rien dans l’attitude de l’exécutant n’indique qu’il est prêt à se faire mettre les " tripes à l’air " pour honorer son engagement virtuel. Ni qu’il possède la compétence suffisante pour imposer sa loi au toro.

Cette sorte de brindis est un mensonge.

 

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Mensonges du troisième tercio

 

Il faut d’abord dire un mot au sujet de la muleta qu’utilisent les toreros actuels. Lorsqu’on examine des photos d’avant-guerre le premier détail qui saute aux yeux c’est la dimension réduite de la muleta, celle qu’utilisaient Lalanda, Ortega et tous les grands toreros de l’époque. C’est avec ce petit drapelet que les héros de notre jeunesse accomplissaient leurs prouesses. Un seul torero faisait exception : Nicanor Villalta. L’Aragonais de haute taille et au long cou faisait confectionner des muletas nettement plus étoffées, c’est le cas de le dire. On disait : la muleta-drap de lit. Il s’en servait pour dessiner, à Madrid, sa plaza privilégiée, ses fameuses passes en rond, ancêtres des redondos actuels. Lesquelles, jointes à ses grands coups d’épée, lui valurent de couper environ 35 oreilles dans cette plaza (record du monde toujours debout). Et pourtant, la muleta de Villalta n’atteignait pas les dimensions de celles des toreros d’aujourd’hui, lesquelles frisent le ridicule.

Mensonge plus éclatant : l’usage communément répandu de l’épée postiche, de bois peint ou d’aluminium. Usage qui ne laisse pas d’étonner les nouveaux-venus parmi les spectateurs qui demandent : Pourquoi change t’il d’épée ? Même l’attestation médicale préalable est tombée en désuétude. Presque plus personne ne torée en soutenant l’épée véritable depuis la disparition de Paquirri. Sauf Galloso qui a pu ainsi estoquer a recibir son premier toro de Miura le 21 juillet 1988 à Mont de Marsan.

Cette épée factice, il faut bien expliquer aux jeunes aficionados que c’est encore l’une des séquelles de l’époque de Manolete. Ce qui pouvait à la rigueur être admissible sous contrôle médical, par suite d’une blessure est désormais tombé, si j’ose dire, dans le domaine public. Et comme les novilleros singent les matadors de cartel ils en font autant.

C’est grotesque, insupportable et la plupart du temps nuisible. A qui fera-t-on croire que le plus difforme, le plus souffreteux des toreros de tous les temps, Juan Belmonte, a pu garder en main tout au long de sa carrière l’épée d’acier alors que les jeunes athlètes actuels ont besoin de l’épée factice « pour ne pas fatiguer leur poignet ». Pauvres chéris, comme je vous plains !

Et c’est nuisible car, faut-il le rappeler, si le toro a été correctement lidié et toréé il vient un moment où de lui-même, il s’offre à la mort. Laisser passer cet instant privilégié faute d’avoir en main l’épée véritable n’est rien d’autre qu’une faute professionnelle. Les conséquences, le gazapeo, la difficulté de cadrer le toro, on les connait par cœur. Peu importe. Ces Messieurs s’obstinent parce qu’ils sont bêtes et que les ges de leur entourage ne le sont pas moins. Attrape ça au vol.

Mensonge également le toreo de profil. Je n’en nie pas l’utilité lorsqu’on a  affaire à un toro difficile, d’embestida incertaine, corneando ou punteando. Le cite et la passe profilés peuvent, c’est certain, faciliter la prise de contact dans une proportion que j’estimerais à un quart environ de la faena. Mais une faena complète exécutée uniquement de profil (tel Manzanares le 11 septembre 1988 à Dax) ce n’est pas du vrai toreo ; c’est faire des passes sans toréer. On peut le regarder mais on n’est pas obligé d’applaudir.

Et que dire du « toreo culero » comme disent avec humour les sévillans ! La tradition, l’honneur aussi pour un homme, pour un torero, c’est de se présenter face au toro, ou tout au moins de trois-quarts, qui est la position la plus commode pour toréer. « Con dos huevos p’alante » comme l’a rappelé opportunément Claude Pelletier. Alors, présenter son derrière au toro au lieu de son devant c’est comme suggérer des idées qui font frémir un homme du sexe masculin. Comprenne qui pourra. De toute façon, ce n’est pas de la tauromachie puisque jamais un toro ne sera toréé, dominé par ce procédé. Avec tous mes regrets pour Pedrez, El Cordobes, Damaso Gonzales et ejusdem farinae (de ma même farine).

 

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A suivre : Le mensonge de l’alternative et le défaitisme

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