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  • : La Muleta
  • : La peña la muleta a été créée par un groupe d'amis passionnés par le monde taurin. Aujourd'hui, elle regroupe tous les afficionados de SAINT PERDON qui partagent cette même passion. Par ce blog, nous souhaitons partager avec vous notre passion et vous faire connaître toutes les évènements que nous organisons.
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 16:30

    Titre d'un article publié dans  Le Courrier International du 25 juin au 1èr juillet où ce média publie une traduction française de l'article paru dans El Pais, écrit par Antonio Lorca.

    Antonio Lorca est depuis 1993 le critique taurin du quotidien El pais à Séville. Depuis le décès en 2002 du grand chroniqueur tauromachique Joaquin Vidal, ce Sévillan de 55 ans couvre également les corridas de Las Ventas, les arènes de Madrid.

    Je ne saurai trop vous conseiller de le lire attentivement.Dans cet article Monsieur Lorca dénonce clairement le fond du problème: la décadence du toro et de son combat. Les aficionados a los toros y trouveront sûrement de véritables arguments. Cet article a le mérite de poser les vrais problèmes de manière globale. Il ne reste plus qu'à trouver les solutions!!!

    Je vous retranscrit cet article dans son intégralité. Bonne lecture et bonne réflexion...

(Si vous souhaitez faire des commentaires, vous pouvez le faire en cliclant sur l'icone prévu à cet effet en fin d'article, je vous promet de les lires attentivements et de les publier.)


Antonio Lorca, El Pais, Madrid

     "Le scandale de la décadence poursuit depuis quelque temps le toro bravo. Cette année encore, la féria de Séville, en avril, et celle de la San Isidro (à Madrid) en mai, ont été témoins du triste spectacle d'un animal jadis puissant et féroce qui n'est plus qu'une créature impotente, infirme, épuisé et parfois douce comme le miel, dont on a pressé jusqu'à la dernière goutte d'ardeur, de race et de bravoure. Tel est le protagoniste de la corrida moderne, celui qu'ont réussi à imposer les toreros vedettes et qui apparaît aujourd'hui comme le principal ennemi de la corrida.

    Pour l'heure, la majorité des aficionados ont déserté les arènes, occupées désormais par un nouveau public ignorant et festif. Pourtant, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, aucun des acteurs du monde de la tauromachie ne semble disposé à chercher des solutions. Où se trouve l'explication? D'abord, dans l'évolution de la corrida, ensuite, dans la sélection.

    Les toros du XIXè siècle et du début du XXè étaient des animaux imposants, violents, rudes et brutaux, et les toreros les combattaient. En d'autres termes, il les affrontaient, ils bataillaient et esquivaient leurs coups de corne jusqu'à l'estocade finale. Puis est apparu Juan Belmonte (1892-1962) et, avec lui, le combat est devenu un art, imposant un changement radical dans le comportement du toro.

    C'est ainsi qu'on en arrive à la séléction génétique, qui est le domaine des éleveurs, véritables scientifiques autodidactes qui, sans être vétérinaires, ni généticiens, ni médecins, ont réussi à faire du toro d'aujourd'hui une anomalie au sein de sa propre espèce. On veut un taureau qui baisse la tête devant la cape, qui se soumette aux piques, poursuive les banderilleros et fasse montre d'endurance et de noblesse pendant le long travail à la muleta. Mais on veut aussi qu'il soit noble, doux, bon. Bref on recherche un inexistant merle blanc, un hybride, mi-artiste, mi-fauve, pour une nouvelle conception de la corrida. Voilà en tout cas pour la théorie, car, dans les faits, la sélection a dégénéré, donnant un animal sans force, dénaturé et parfois noble et doux à mourir d'ennui, qui, au lieu de respect, inspire de la pitié. Ajoutez à cela la quasi-disparition de l'aficionado connaisseur et exigeant et la domination des toreros stars, et voilà le résultat: une espèce bizarre, en mutation génétique constante, un animal nouveau destiné à un spectacle reconverti en rendez-vous mondain, où l'ignorance du public autorise la tromperie et la manipulation.

    Hier, on combattait; aujourd'hui, on torée. Hier les aficionados faisaient la loi; aujourd'hui, ce sont les organisateurs de corrida. Et ces derniers imposent leurs critères en premier lieu aux éleveurs, qui ne sont pas maîtres chez eux. Le toro d'aujourd'hui est tel que l'ont conçu les toreros vedettes, conscients que cet animal moribond diminue les risques et leur offre des triomphes faciles devant des publics généralement plus intéressés par l'alcool et les cigares que par la pureté du spectacle.

    Mais il y a autre chose: pourquoi les éleveurs ne défendent-ils pas leurs taureaux? Parce que les plus de 1100 d'entre eux présents dans notre pays sont regroupés en quatre associations différentes qui n'entretiennent guère de relations les unes avec les autres, et parce que beaucoup mettent plus d'ardeur à défendre leur position sociale que la noblesse de leurs bêtes. Sans compter que nombre d'entre eux ne sont pas aficionados et que cela leur est égal de perdre de l'argent ou de se soumettre aux exigences des autres tant qu'ils peuvent faire figurer leur nom sur des affiches clinquantes et satisfaire ainsi leur vanité.

    Les pouvoirs publics non plus ne semblent guère se soucier des toros . Les politiques souffrent d'un sérieux complexe par rapport aux reste des pays européens et aux groupes anti-corrida. Ils ne défendent pas la corrida, mais la tolèrent pour des raisons économiques et parce qu'elle est la source de nombreuses fêtes populaires. Joselito El Gallo (le grand rival de Belmonte) bouleversait les foules avec un animal moins volumineux que celui d'aujourd'hui, mais féroce et combattif. Le toreo d'aujourd'hui, à quelques rarissimes exceptions près qui ne suffisent pas à justifier son existance, est ennuyeux et insuportable en raison d'un toro dont on a tant modifié le comportement qu'il n'est plus compatible avec l'émotion.

    Ce toro moderne est un scandale qui, si l'on ne fait rien, mettra fin à la corrida."

 

CQFD

Patrick S

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